3 questions à Aurélien Bertin

Aurélien Bertin est Directeur des stratégies énergétiques chez ENAMO, il s'est prêté ce mois-ci au jeu des 3 questions.

Aurélien, vous travaillez depuis 5 ans à Enamo, comment êtes-vous arrivez là ?

ENAMO, c’est une aventure que nous avons démarré à 4 associés il y a maintenant plus de 5 ans, pour du conseil en environnement, énergie et financement. Aujourd’hui, nous avons accompagné plus de 100 territoires et entreprises, et réalisé plusieurs centaines d’heures de formation, sur tout le Grand Ouest. Notre siège social est au Relecq Kerhuon à côté de Brest, à proximité de notre agence finistérienne et nous avons également une agence à Rennes. Nous sommes aujourd’hui 6 à travailler sur les défis de la soutenabilité (i.e. le développement durable). 

Pour ma part, à la création d’ENAMO, je finissais ma thèse CIFRE sur le couplage EnR / stockage en Guadeloupe, je baignais donc déjà dans la transition énergétique ! Les résultats que nous avions obtenu étaient encourageants : nous savions produire une énergie compétitive, et capable de se substituer à des approvisionnements creusant la dépendance. La question n’était donc plus de savoir si nous pouvions déployer des énergies renouvelables, mais comment accompagner un déploiement massif.

 

Vous avez pitché à la Conférence solaire et numérique organisée par Atlansun sur les cadastres solaires, quels sont selon vous les enjeux (à l’utilisation) de cet outil ?

Tout d’abord, c’est quoi un cadastre solaire ? C’est une cartographie précise (1 m² ou mieux) du gisement solaire d’un territoire tenant compte des masques et des ombres portées. Les cadastres solaires sont une branche de notre activité que nous avons pu développer en 2016 grâce à la motivation de Brest Métropole, 1ère Métropole couverte par un cadastre solaire en France. Nous avons à l’issue de cet accompagnement rencontré le Laboratoire National de Métrologie et d’Essais (LNE), avec qui nous travaillons actuellement à couvrir plusieurs autres territoires de l’Ouest (1 900 km² - 600 000 habitants). 

Je vois deux enjeux majeurs pour les cadastres solaires :

1) La propriété de la donnée créée. Nous produisons avec le LNE une cartographie du gisement solaire, et nous identifions également le potentiel du patrimoine public, résidentiel, tertiaire, industriel et agricole. Ce potentiel est ramené à des niveaux de puissance crête ou de m² de capteurs. Ceci nous permet de définir avec le territoire des stratégies d’exploitation, variable selon le type de propriétaire. Notre mission se termine quand ces données, les outils d’exploitation et les outils d’animation sont livrés et intégrés dans les serveurs du territoire. Tout fonctionne en marque blanche dans notre offre, tout simplement parce que la donnée et les outils pour les exploiter doivent s’adapter au territoire et doivent se croiser avec d’autres enjeux du territoire : la rénovation, l’intégration des EnR dans les réseaux, l’aménagement, l’urbanisme, ... 

2) Les acteurs relais. Les enjeux de sobriété sont l’affaire de tous, le solaire doit suivre la même voie. Seule une mobilisation de tous les maîtres d’ouvrages potentiels peut permettre de déployer massivement le solaire sur un territoire. Et pour ça, la collectivité a besoin de s’appuyer sur des relais, des tiers de confiance qui vont apporter une expertise particulière, chacun sur ses cibles de maîtres d’ouvrage. Ainsi, une société d’économie mixte énergie va aider au déploiement du solaire dans les bâtiments publics, plutôt pour des projets de plus de 500 m² de solaire. L’agence locale de l’énergie et du climat ou l’espace info-énergie va regrouper les particuliers, sur des projets typiquement de 3 à 9 kWc, pour les aider à obtenir de meilleurs tarifs ou de meilleures conditions d’exploitation et de suivi. Les chambres consulaires vont stimuler de leur côté les entreprises pour solariser leur patrimoine et aussi aider les installateurs à rejoindre un objectif de qualité. L’exploitation et l’animation du cadastre solaire peut (et doit ?) s’appuyer sur ces relais « naturels ».

Quel est le projet solaire dont vous êtes le plus fière et pourquoi ?

ENAMO n’a pas réalisé de projet solaire en tant que tel, ce sont les réalisations de nos clients qui nous rendent fiers. Je ne pourrais pas citer de projet en particulier, j’insisterai seulement sur le fait que nous avons accompagné aussi bien des projets reposant sur quelques kWc de solaire que des projets de plusieurs MWc. Ce qui est fort, c’est que la question de la soutenabilité n’est plus cantonné à quelque chose d’exotique, de militant ou d’inatteignable. Le solaire est devenu en quelques années un outil pratique d’application du principe de soutenabilité, et nous sommes fiers d’accompagner toute démarche qui concourt en ce sens.

Merci Aurélien pour cette interview. Découvrez ENAMO et ses réalisations sur son site internet, ou via le compte Twitter d'Aurélien Bertin (@bertin_aurelien)